L’OFB crée la Marque Végétal local pour renforcer la préservation et la restauration d’une biodiversité adaptée aux territoires

Stéphane Rivière, Chargé de mission Marque Végétal local au sein de l’Office française de la biodiversité (OFB) présente cette initiative qui vise à accompagner porteurs de projets et entreprises désireux de mener des opérations de renaturation et de désartificialisation.

Plant ligneux Végétal local © Afac-Agroforesteries
Plant ligneux Végétal local © Afac-Agroforesteries
Stéphane Rivière, Chargé de mission Marque Végétal local au sein de l’Office française de la biodiversité (OFB) © Stéphane Rivière
Stéphane Rivière, Chargé de mission Marque Végétal local au sein de l’Office française de la biodiversité (OFB) © Stéphane Rivière
Logo de la Marque Végétal local © Office français de la biodiversité
Logo de la Marque Végétal local © Office français de la biodiversité

Pouvez-vous nous dire quelques mots de l’émergence de la Marque Végétal local ?

Créée en 2015 sous la forme d’une marque collective par la Fédération des Conservatoires botaniques nationaux, l’Afac-Agroforesteries et Plante & Cité, la Marque Végétal local, propriété de l’OFB, est un outil de traçabilité des végétaux sauvages et locaux (herbacés, arbustes et arbres). Elle permet d’identifier les espèces végétales n’ayant pas subi de sélection ou de croisement par l’homme, et leurs régions écologiques d’origine. En effet, les végétaux sauvages et locaux sont chacun porteur d’adaptations génétiques spécifiques variant en fonction des régions écologiques dont ils sont issus.

L’OFB a ainsi défini 11 régions écologiques en France dans le but de permettre une meilleure lisibilité dans la traçabilité des semences et plants de la marque, de leur site de collecte en milieu naturel jusqu’à la plantation.

Comment cette initiative est-elle déployée ?

Végétal local permet de soutenir les collectivités et les entreprises dans la mise en œuvre d’actions en faveur de la préservation de la biodiversité et de l’ensemble du fonctionnement des écosystèmes. Elle peut, par exemple, s’intégrer dans des projets ou initiatives portés par l’OFB, telle que :

  • Territoires Engagés pour la Nature, utilisée par des collectivités dans leurs politiques et programmes d’aménagement et de préservation de la biodiversité,
  • Entreprise Engagées pour la Nature, pour des projets de restauration écologique et de compensation,
  • LIFE-ARTISAN, dans le déploiement de Solutions d’adaptation fondées sur la Nature,
  • Plantons en France, une initiative coordonnée par l’Afac-Agroforesterie avec le soutien de la Fondation Yves Rocher dont l’objectif est d’inclure 50% de matériel Végétal local dans les plantations d’arbres et d’arbustes pour la saison 2020 et 2021.

L’enjeu pour une telle marque est donc de créer un potentiel pour la mise en œuvre de Solutions fondées sur la Nature dans le cadre notamment d’opération de renaturation et de désartificialisation. De telles réalisations nécessitent une réelle adaptation entre une offre, qui se doit d’être suffisante, fiable et durable, et une demande composée d’ouvrages devant être résilients au changement climatique et disposant d’une grande variabilité génétique.

Quels sont les bénéfices de la Marque Végétal local pour les porteurs de projets ?

L’objectif pour les bénéficiaires de la marque (collectivités, entreprises, etc.) est de garantir la traçabilité et la conservation de la biodiversité génétique du matériel végétal mis sur le marché pour disposer de gammes adaptées pour la restauration des écosystèmes et des fonctionnalités écologiques.

D’autre part, la marque permet d’éviter l’introduction d’espèces et d’écotypes non adaptés au territoire. Ainsi, recourir à son usage permet de contribuer à la réalisation de projets de plantation et d’aménagement répondant à de fortes ambitions concernant la restauration des fonctionnements des écosystèmes locaux (renaturation de milieux, réhabilitation de sites et carrières, reconstitution de haies, ou trame verte, par exemple).

D’ores et déjà, 42 bénéficiaires ont reçu un avis favorable pour utiliser la marque après la réalisation d’un audit de vérification de l’adéquation de leurs pratiques vis-à-vis du référentiel technique de la marque. Cet audit vise notamment à s’assurer que les critères propres à la marque soient bien respectés.

Quel est l’impact socio-économique de cette démarche pour les territoires ?

Végétal local contribue à accompagner le développement socio-économique au sein des territoires. Elle permet notamment de développer les filières régionales de production de végétaux indigènes et locaux, et également de contribuer à la réalisation de chaîne de valeurs courtes et à la renaissance de métiers oubliés, tels que les collecteurs de graines d’arbres, d’arbustes et de végétaux herbacés. Plusieurs régions, telles que Auvergne Rhône Alpes, Nouvelle Aquitaine et Pays de la Loire se réapproprient la démarche en subventionnant des actions de formation et des investissements dans le cadre des stratégies régionales de biodiversité.

Carte des 11 régions d’origine de la Marque Végétal local ©Office français de la biodiversité
Carte des 11 régions d’origine de la Marque Végétal local ©Office français de la biodiversité